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Pourquoi des livres pour les enfants ?

Pour certains, la littérature jeunesse n’est pas vraiment de la littérature, ou alors elle ne joue pas vraiment dans la cour des grands. Ils sont pourtant nombreux et géniaux, ces écrivains, illustrateurs talentueux et imaginatifs, qui font lire et rêver des générations d’enfants et d’adolescents. Ce type de littérature a de multiples qualités que tu peux exploiter dans tes animations au quotidien.

Les particularités et les qualités des livres pour enfants.

La littérature jeunesse est multiforme, d’abord parce qu’elle suit bien souvent le développement de l’enfant, et aussi parce qu’elle s’adapte à ses capacités autant qu’à ses préoccupations.
Dans la forme [taille, matière, traits du dessin, couleurs, plans, structure de l’ouvrage] comme sur le fond [à travers la richesse, la complexité et la diversité des sujets évoqués], elle accompagne l’enfant, de sa découverte du livre et de l’écrit jusqu’à son âge adulte où il faut espérer qu’il gardera ce goût.

Lui reconnaître ce rôle c’est accepter qu’elle n’est ni à part, ni en dessous ; elle est pleinement au centre de la culture de l’enfance, elle lui emprunte même des caractéristiques proches :

  • La profusion. La littérature jeunesse regorge de production : tous les styles pour tous les genres. Cela est vrai pour la forme [car le livre est d’abord un objet visuel] comme pour les sujets qui sont infinis. En France, c’est environ 12 000 parutions par an, dont 5000 nouveautés !
  • L’imaginaire, la créativité, la fiction… indispensables au développement de l’Enfant. En se frottant à la fiction l’enfant se questionne et développe son esprit. Grâce au va et vient entre le réel et le songe, entre sa condition et celle des personnages du livre, il développe et aiguise son esprit, trouve des réponses à ses questions : d’où je viens, pourquoi je ressens cela, qu’est-ce qu’être heureux… ? La littérature jeunesse est donc également dans l’émotion, le sensible… et se rapprocher de ses émotions, c’est mieux se connaitre.
  • La transgression, parce qu’on peut fort justement penser qu’il n’y a pas de sujets tabous en littérature. Même si on peut regretter que quelques moralistes le contestent régulièrement, le livre permet l’intrusion dans un monde que le réel interdit parfois et que les adultes aimeraient aussi cacher. De la même manière que les contes traditionnels- souvent oraux - permettaient de traiter de sujets graves ou sensibles (la peur, la mort, la sexualité…), la littérature jeunesse s’arroge les mêmes droits, et elle le fait d’autant mieux qu’il s’agit de cadres et d’histoires qui sont maitrisés.
  • La diversité, l’interprétation. Il y a autant d’histoires que de lecteurs. Il faudrait toujours se méfier des adultes qui lisent les histoires d’enfants avec leurs yeux et leur cœur d’adultes ; et ne pas sous-estimer la capacité des enfants à lire et à comprendre une histoire. Chaque lecteur interprète et se fait son opinion, il peut ensuite s’il le souhaite, la confronter aux autres. Et en grandissant, il relira avec plaisir, et avec une vision nouvelle ses premières histoires.

Multiforme, vivante, la littérature jeunesse se donne également des libertés dans la manière de traiter tous les sujets : la poésie, l’humour, l’illustration, le décalage… Il faut vraiment avoir perdu toute son âme d’enfant pour ne pas succomber à ses charmes. Attention, elle n’est pas toute rose non plus ! Si on y trouve de la diversité et de la qualité, on ne peut pas nier que certains ouvrages sont dénués de presque toutes les vertus citées plus haut.

Pour l’ensemble de ces belles raisons, pour son goût de la liberté et son rappel à l’Enfance, il est naturel que la littérature jeunesse s’exprime au sein des séjours et des accueils de loisirs.

Comment utiliser ces qualités en tant qu’animateurs ?

Dans le cadre des temps de loisirs, de vacances ou de jeu ; ce serait quand même dommage de passer à côté de ce potentiel.
C’est [au minimum] sous mille formes différentes que l’on peut l’intégrer dans le projet de son centre ou dans le cadre d’un séjour :
  • En proposant au moins un espace dédié à la lecture, un coin permanent confortable et fonctionnel, revisité de temps en temps pour qu’il évolue aussi.
    On peut l’imaginer par thèmes, par âge, par couleurs, par types d’ouvrage, etc. En intérieur, mais aussi en extérieur, parce que lire au bord de l’eau, dans une cabane ou allongé dans l’herbe, c’est encore mieux.
    On peut y associer les parents, les grands-parents, les habitants du quartier, les commerçants ! Presque tout le monde possède des livres, et beaucoup aime partager.
  • En se déplaçant dans des bibliothèques, des expositions, des manifestations où le livre est à l’honneur. En rencontrant des passionnés, en lisant et faisant lire et relire des histoires [des plus grands aux plus petits, et l’inverse]. En faisant venir des auteurs, des illustrateurs…
    En créant un prix littéraire du séjour ou de l’accueil de loisirs…
  • En détournant tous les possibles autour du livre : activités manuelles et d’expression : exposition, spectacle, marionnettes, concours de dessins (à partir d’une histoire), concours d’écriture (en inventant la suite d’un récit…). Mais aussi grands jeux : énigmes, codes secrets… Et à défaut d’être une source d’inspiration, le livre, le papier, en tant que matière première sont des supports sans limite à l’activité manuelle.
  • Et pour nous encadrants, en abordant sa place et son rôle dans le projet pédagogique, s’il s’agit d’un sujet qui tient à cœur au directeur et à son équipe. Dans la vie des enfants, dans la formation des citoyens de demain, la littérature a un rôle fort qui n’est pas l’exclusivité de l’école. Démontrer – pour toutes les qualités citées plus haut – que le livre est un support d’animation et d’éducation ne parait pas idiot !

C’est aussi à nous, acteurs de l’animation, de faire du livre un support vivant et novateur, bien présent dans le quotidien. Un support vers lequel on aime aller, sans obligation, sans se sentir obligé de le finir… juste un lieu et un temps où l’on est soi, avec le monde entier.
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